si nous étions une île

 

4 jours sur l’île de Majorque avec Agathe Petrini, pour respirer un autre air et réaliser une nouvelle collaboration.

La métaphore d’une relation amoureuse toxique, de la vie d’une femme dans une société patriarcale.

 

 

Par la puissance des éléments qui nous composent dont tu t’attribues les mérites sans en être à l’origine

Par ton énergie virile, à me rendre invisible aux yeux d’un monde que tu construis [et] dans lequel je n’ai pas la place d’être qui je suis…

Par ta fierté sincère à célébrer mon apparence en choisissant d’oublier mon esprit…

Par l’orgueil de ton organe et son arrogance, tu sembles vivre dans un présent où l’avenir n’aura plus la liberté de te surprendre.

Il y a pourtant une rancœur glaçante par le silence de ces mots, émergeante à mes lèvres pour te délivrer ces vers amers.

Le besoin qu’a ce monde, d’une respiration, d’un souffle aérien embaumé de liberté, affranchi du poids de ton regard.

Le sens de tes iris, infatigables chasseurs d’indésirables, engourdis par la complaisance de ses sujets, n’a pas su percevoir l’éveil d’une conscience résistante.

L’oppression de ta bienveillance illégitime, a engendré ton ignorance à mon désir brûlant de me sentir vivante.

Ton oreille sourde à ma jouissance enfante la cission de notre espèce, par ton égoïsme à batailler contre mon sexe.

Par le déni de tes larmes, j’entends de ton mutisme, l’aurore du croisement de nos chemins où s’écriront nos différents.

Délivrée de ta pesanteur de mâle, avec un dernier regard vers la terre où tu es resté, une envolée vers le large éveillera les reflets de mon voyage.

Texte: Anaïs Bajeux